Accueil / Fabrication & atelier / De la terre à la tasse : mon processus de fabrication

De la terre à la tasse : mon processus de fabrication

19 mars 2026

La fabrication d’une tasse en céramique, une histoire de gestes

Il existe plusieurs façons de se lancer dans la fabrication d’une tasse en céramique. Certaines personnes travaillent au tour, d’autres utilisent des moules pour aller plus vite. De mon côté, j’ai choisi la méthode à la plaque.

C’est une technique plus libre, plus intuitive aussi. Elle laisse de la place aux petites variations, aux traces de la main, à ce côté vivant que j’aime retrouver dans chaque pièce. Rien n’est figé, rien n’est totalement identique. Et c’est justement là que tout se joue.

Dans mon atelier, chaque tasse commence de la même manière : une masse de terre, encore brute, encore pleine de possibilités.

Préparer la plaque de terre

Pour démarrer la fabrication d’une tasse en céramique, je commence par passer la terre dans une croûteuse. C’est une machine simple, mais essentielle, qui permet d’obtenir une grande plaque régulière.

Le geste est presque mécanique, mais le regard reste attentif. L’épaisseur doit être juste : ni trop fine, ni trop épaisse. C’est un équilibre que je règle presque au ressenti, avec l’habitude.

Une fois la plaque prête, je ne touche plus à rien. C’est une étape souvent invisible, mais fondamentale. J’attends.

La terre évolue lentement. Elle sèche, se raffermit, change de texture. Et puis arrive ce moment précis : la consistance cuir. C’est un instant un peu magique, où la terre devient parfaite à travailler.

Elle ne colle plus aux doigts, mais elle reste souple. Elle accepte encore d’être formée sans résister. Si je la travaille trop tôt, elle se déforme. Trop tard, elle casse. Il faut être au bon moment.

étapes fabrication tasse en céramique

Découper les formes au bon moment

Quand la terre est prête, je passe à la découpe.

J’utilise des gabarits, que je pose directement sur la plaque. C’est un geste simple, mais très précis. Chaque forme découpée sera le point de départ de la tasse.

La découpe à plat a quelque chose de très graphique. Les pièces apparaissent une à une, comme si elles étaient déjà là, cachées dans la plaque.

C’est aussi un moment où je ralentis volontairement. Une découpe mal faite se verra forcément plus tard. Ici, je prépare la suite.

fabrication d'une tasse en céramique

Donner du volume à la tasse

Une fois les formes découpées, je viens leur donner du volume. C’est une étape que j’aime particulièrement.

Je prends chaque plaque et je la courbe doucement. Pas de geste brusque. La terre doit suivre, pas subir. Elle garde une mémoire, et si on la force, elle le montre.

Pour obtenir une forme régulière, je travaille autour d’un cylindre. C’est lui qui guide la courbe, qui permet d’avoir cette silhouette simple et équilibrée.

En parallèle, je prépare les fonds des tasses. Je les façonne à part, puis je viens y apposer le sceau Grandchose. C’est une petite empreinte, presque discrète, mais qui fait partie de chaque pièce.

À ce moment-là, la tasse commence vraiment à exister.

fabrication tasse en céramique

Assembler et solidifier la pièce

L’assemblage est sans doute l’étape la plus délicate dans la fabrication d’une tasse en céramique.

Je viens relier les différentes parties avec de la barbotine, une pâte liquide faite à partir de la même terre. C’est elle qui va permettre à la pièce de devenir solide, comme si elle avait toujours été d’un seul bloc.

Je travaille avec des gestes simples : presser, lisser, ajuster. La spatule en bois est mon outil principal ici.

Il faut trouver le bon équilibre : suffisamment appuyer pour souder, mais sans déformer. C’est un travail de précision, mais aussi de ressenti.

Grâce à la consistance cuir, la terre accepte cet assemblage sans perdre sa forme. C’est ce qui permet d’obtenir une tasse stable, sans tensions.

Affiner avec le tournassage

Une fois la tasse assemblée, je passe au tournassage.

C’est une étape un peu à part, où j’utilise le tour, non pas pour façonner la pièce, mais pour l’affiner.

Je viens retirer l’excédent de matière, adoucir les lignes, équilibrer les proportions. Je travaille surtout les bords et la base, pour donner une finition plus nette.

C’est un moment plus calme, presque méditatif. On est dans le détail. Dans l’ajustement.

C’est souvent là que la tasse trouve sa vraie présence.

Le temps du séchage

Une fois les tasses terminées, il faut les laisser sécher.

C’est une étape qui ne se voit pas, mais qui est essentielle dans la fabrication d’une tasse en céramique.

La terre doit perdre son humidité lentement. Trop vite, elle fissure. Pas assez, elle reste fragile.

Dans l’atelier, je surveille sans intervenir. J’adapte parfois l’environnement, mais je laisse surtout le temps faire son travail.

C’est une phase qui demande de la patience. Et dans un processus artisanal, la patience fait partie du résultat.

tasse façonnée

Méthode à la plaque ou tournage : deux approches différentes

On me demande souvent pourquoi je n’utilise pas le tour pour fabriquer mes tasses.

Le tournage permet d’obtenir des pièces très régulières, très symétriques. C’est une technique impressionnante, presque hypnotisante à regarder. Mais elle donne aussi un rendu plus lisse, plus standardisé.

Avec la méthode à la plaque, le résultat est différent.

Les lignes sont un peu plus libres, les formes légèrement uniques. On peut voir une variation, un détail qui change d’une pièce à l’autre. Ce n’est pas un défaut, c’est même tout l’intérêt.

C’est ce qui donne ce rendu fait-main, ce caractère vivant.

Je ne cherche pas la perfection industrielle. Je cherche une forme juste, équilibrée, mais avec une présence. Une tasse qui a quelque chose en plus, sans forcément savoir l’expliquer.

Une tasse, mais pas seulement

Au final, la fabrication d’une tasse en céramique, ce n’est pas seulement une suite d’étapes.

C’est une accumulation de petits choix, de gestes répétés, d’attention portée à chaque détail.

Chaque tasse qui sort de cette première phase de façonnage est déjà unique. Mais elle n’est pas encore terminée. Elle devra encore passer par une première cuisson, puis recevoir son décor au crayon ou au pinceau, être émaillée, et enfin être cuite une seconde fois.

C’est seulement à la fin de tout ce processus que la pièce devient complète.

Et c’est exactement ce que j’ai envie de transmettre.

Un objet simple, du quotidien, mais qui porte en lui du temps, de la matière… et toute une série d’étapes invisibles qui lui donnent son caractère.

Articles récents

Pourquoi adopter la vaisselle artisanale en grès pour votre table ?

Pourquoi adopter la vaisselle artisanale en grès pour votre table ?

À l’atelier, on me demande souvent pourquoi j’ai choisi le grès pour mes créations. Découvrez les avantages de la vaisselle artisanale en grès : une vaisselle solide, pratique et faite pour durer, idéale pour vous accompagner avec douceur et simplicité au quotidien.

poterie grès

Inscrivez-vous à la newsletter

Je vous tiendrai informé des nouvelles collections, offres saisonnières, bons plans, vide-atelier... (quelques envois par an maximum, promis).

Vous recevrez en cadeau de bienvenue un code de réduction de 10% sur votre première commande.

CONFIDENTIALITE

Vous allez recevoir un email de confirmation, vérifiez votre boîte email (et vos spams).